dimanche 22 juin 2014

Interview Flore Geffroy-Kearley, Le Gaulois nomade !



Merci à Flore Geffroy-Kearley, directrice éditoriale et fondatrice des Éditions Le Gaulois nomade, d’avoir bien voulu répondre à mes questions. Flore demeure en Californie et par conséquent, vous comprendrez que j’ai cherché très loin mes éditeurs ! Notre premier contact restera un excellent souvenir et d’ailleurs, Flore l’évoque dans son petit billet, à lire absolument dans la rubrique Mes éditeurs. Je lui cède la parole.


1/ Parlez-nous de vous. Qui êtes-vous, pourquoi êtes-vous devenu(e) éditeur (éditrice) et quel est votre parcours dans le monde de la littérature ?
Journaliste reconvertie partiellement après mon installation aux États-Unis voilà bien des lunes, je suis devenue éditrice par envie d’abord, par besoin ensuite. J’ai vu comment fonctionnait le milieu de l’édition de l’intérieur et de l’extérieur, pour avoir été critique littéraire un temps, et modeste auteur pour une grosse maison d’édition française. Je reste avant tout une lectrice.

3/ Que pensez-vous de l’arrivée du numérique dans le monde de l’édition et, selon vous, faut-il le considérer comme un apport positif, un simple complément ou un cannibalisme de l’édition papier ?
Le numérique n’est rien d’autre qu’une évolution naturelle de l’édition papier. Les deux formules peuvent cohabiter tout à fait sans que l’un nuise à l’autre. Le numérique n’a pas les lourdeurs de l’édition traditionnelle (frais d’impression, stockage, distribution) et permet une prise de risques que ne possède pas l’édition papier, généralement plutôt frileuse (coûts et investissement). Les auteurs en numérique sont des ballons d’oxygène. Le support du numérique permet toutes les fantaisies, tout reste à inventer ! D’aucuns crient au loup et pensent que le métier d’éditeur va disparaître puisque n’importe qui peut s’auto-éditer. Je crois justement exactement le contraire. L’éditeur numérique a une responsabilité accrue : il devient un filtre essentiel, une sorte de garant indispensable de la qualité de ce qui est publié dans l’océan des publications de maintenant.

4/ Pourriez-vous dire quelques mots sur votre maison d’édition, son historique même succinct, son développement, etc. ?
Un Kindle en cadeau, pas de livres en français ou très peu, des livres auto-édités de piètre qualité, la difficulté de se procurer des livres en français sans dépenser une fortune... Le Gaulois nomade® était né. L’idée : offrir des livres que l’on ne trouvera nulle part ailleurs, à des prix abordables (moins de 5 euros), donner une chance aux auteurs en devenir, inconnus... Se faire plaisir et faire plaisir aux lecteurs français ou francophones dans le monde, des expats aux étudiants en français. L’objectif n’est pas d’avoir 350 auteurs au catalogue à terme, mais de devenir une référence en termes de qualité. Le Gaulois nomade® est un artisan amoureux des mots et du travail bien fait :-)

5/ Pourriez-vous nous expliquer votre politique éditoriale, votre modus operandi, vos choix dans les auteurs que vous acceptez de publier et les genres littéraires que vous diffusez ?
Tout est forcément subjectif. Nous avons envie de donner la possibilité d’exister à des plumes, des textes, qui, sans le numérique, n’auraient vraisemblablement peu ou pas du tout la chance de se voir publier. Nous recevons énormément de manuscrits et nous n’écartons aucun genre. Nous lisons TOUT, de la première à la dernière ligne. C’est vrai que notre regard s’est cependant affiné depuis les débuts et nous sommes devenus plus pros, plus exigeants, plus précis aussi dans nos attentes. En cas de refus, nous nous faisons un point d’honneur à faire aux auteurs un retour argumenté sur leurs textes. Nous suggérons aussi des points qu’ils pourraient modifier, améliorer. Écrire demande beaucoup, beaucoup de travail. L’idée reste d’encourager les gens à continuer à écrire, pas de les casser.

6/ Comment un jeune auteur, même débutant, peut-il vous soumettre un manuscrit ? Avez-vous des prérogatives très précises, quel est votre délai moyen de réponse, comment votre comité de lecture fonctionne-t-il, etc ? Merci de nous éclairer sur cette partie souvent méconnue par les auteurs.
Il suffit d’envoyer son manuscrit à : contact@gaulois-nomade.com . Nous ne prenons plus de manuscrits pour l’instant car nous débordons. Nos délais de réponse sont de six mois au moins en ce moment et nous préférons refuser les nouvelles soumissions de textes. Un texte propre est essentiel : ne pas faire de mise en page originale, envoyer un texte sans fautes d’orthographe, choisir une police de caractère classique (Times New Roman, 12 points, interligne 1,25 ou 1,5). Les textes reçus sont distribués aux membres du Comité de lecture, (tous bénévoles) qui les lisent puis rédigent une petite note de lecture pour donner leur avis. Le Comité vote ensuite pour ou contre une publication.


Nota bene : Pour information, les éditeurs étaient libres de donner une suite ou non à mon interview, comme de choisir les questions auxquelles ils souhaitaient répondre. Il n’y a donc pas d’erreur de numérotation dans celles-ci.


Bon dimanche !
Amitiés littéraires.

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