vendredi 27 juin 2014

Découper un roman en chapitres !



Cela paraît d’une telle évidence que vous pourriez vous demander à quoi peut bien servir un article sur le sujet... Eh bien, c’est moins facile qu’il n’y paraît, alors je vous propose quelques astuces et des outils pour y voir plus clair.


Définition du chapitre
De capitulum, petite tête en latin, le chapitre sert à construire un texte, le structurer et faciliter ainsi sa lecture. C’est donc, une articulation primordiale dans la rédaction de votre manuscrit. Le chapitre premier suit obligatoirement le prologue, le dernier précède obligatoirement l’épilogue. La série est numérotée pour faciliter le repérage. Choisissez de préférence des chiffres romains pour les identifier, mais ce n’est qu’une question de goût.

Court ou long, quelle est la bonne mesure ?
Aucune mesure n’est à privilégier hormis la vôtre et principalement, celle qui sied parfaitement à votre intrigue. Cela dit, un chapitre, doit avoir un minimum de quelques pages tout de même et ce qui est préférable à tout autre calcul, c’est d’harmoniser la longueur des chapitres. Et ça, c’est un exercice plus difficile que vous ne pouvez le croire. Compter les pages est inutile, voire trompeur.

Comment estimer convenablement la longueur d’un texte dans un chapitre ?
Premièrement, commencez par oublier le nombre de pages. Aucun éditeur ne tiendra compte de ce chiffre. Il préférera la notion de mots ou mieux, de CEC. Derrière ce barbarisme, comprenez le nombre de Caractères Espaces Comprises. Vous imaginez bien que lorsque vous rédigez votre roman sous Word, le texte n’aura absolument pas la même présentation une fois passée dans la moulinette de l’éditeur. Vos dix pages en feront peut-être quinze ou seize chez lui. Par contre, en lui disant que votre manuscrit représente 150.000 CEC, il saura exactement à quoi s’attendre.

Comment obtenir le nombre de mots ou de CEC ?
Si vous rédigez vos romans comme je le fais, vous l’écrivez chapitre par chapitre, en le sauvegardant dans un fichier informatique distinct, ce qui vous facilitera la vie pour la correction ultérieure.
Quand votre chapitre est achevé, allez dans l’onglet Révision de Word et cliquez sur Statistiques. Le programme vous donnera alors une succession d’indications dont seules deux nous intéressent, les mots et les CEC. Notez-les, c’est cela qui est important.
Astuce : si vous sélectionnez une partie du texte, le résultat de Word  ne concernera que cette partie. Parfois, en cas de reprise partielle d’un texte, cela pourra vous aider.


Avec ces chiffres, comment peut-on harmoniser la longueur d’un chapitre ?
Eh bien, si vous suivez ma méthode, vous savez à l’avance et à peu près, ce que vous mettrez dans chaque chapitre. Reportez-vous à l’article de technique littéraire concernant l’intrigue, le suspense et le page turner. Ensuite, c’est à vous de diriger vos écrits, de structurer votre imagination pour cadrer aux limites que vous vous imposerez. Surveillez le compteur de mots en bas, à gauche de l’écran Word, ce sera aussi un bon indicateur.
Maintenant, il faut aussi un garde-fou technique, ce sera l’objet de la question suivante.

Comment rester dans la moyenne ?
Une page remplie de dialogues et d’incises comparée à une page de texte narratif, sera beaucoup plus légère. Par conséquent ne vous fiez pas au nombre de pages. Gardez un œil sur le compteur qui s’incrémente comme expliqué ci-dessus.
Avec l’habitude et l’expérience, vous verrez que cela devient facile et vous aurez vos propres repères en matière de longueur de texte.
Ensuite, je vous suggère d’appliquer la méthode que je me suis imposé à mes débuts. J’avais créé sous Excel un tableau me permettant de décompter précisément tous les chiffres qui m’intéressaient, pour chaque chapitre.


Ainsi, en rentrant le nombre approximatif de mots que je pensais atteindre pour mon roman, le tableur calculait lui-même les données et les affichait. De la sorte, je savais approximativement où j’allais. Ensuite, en cours d’écriture, je rentrais les données pour chaque chapitre et cela me permettait d’avoir rapidement une mesure comparative avec mon objectif de départ et je voyais d’un seul coup d’œil  si j’étais dans les clous, ou pas.
Avec le temps et l’habitude, je ne l’utilise plus car globalement, je connais maintenant ma façon d’écrire et les mesures approximatives, inhérentes à celle-ci.
(Notez au passage la disparité des chiffres. À nombre de pages égal, observez la différence du nombre de mots ou de CEC. De même, selon mon objectif, je devais finir ce roman avec 625 pages et la réalité était de 636. Onze pages de delta sur la longueur totale, ce n’est rien.)

Conclusion
Soignez cet aspect de votre roman en homogénéisant la longueur des chapitres. Cela peut vous sembler fastidieux, ennuyeux, pourtant c’est ce qui donnera une construction et une structure adéquate pour un meilleur confort de lecture. Ne vous inquiétez pas, certains vous reprocheront des chapitres trop longs ou trop courts. Peu importe ! Il est essentiel que vous vous sentiez à l’aise et que l’ensemble présente une harmonie de longueur, à quelques centaines de mots près, bien entendu ! Ne visez pas des longueurs au mot près, vous n’y arriverez jamais.
Comme je vous en avais parlé dans l’article sur la présentation du manuscrit, n’oubliez pas de glisser vos données techniques avec celui-ci et exprimez-vous en mots et de préférence, en Caractères Espaces Comprises. Votre éditeur vous regardera d’un autre œil.
Ne vous inquiétez pas, cela rentre vite et vous oublierez cet aspect rébarbatif de l’écriture.

Pas simple tout ça, n’est-ce pas ?
Mais qui a dit qu’écrire était simple...

Bonne fin de journée !
Amitiés littéraires.

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