jeudi 25 janvier 2018

Écrire, c'est bien. Être (bien) publié, c'est mieux !



Il y a longtemps que ce billet me tournait en tête et après une longue discussion survenue hier, je vais vous faire profiter de certaines réflexions. Parce que oui, écrire, c’est bien, mais être bien publié, c’est mieux. Mais pas n’importe comment et encore moins par n’importe qui.


L’écriture, passion ou travail réel ?
Je serais tenté de vous répondre... les deux ! Si l’écriture est une réelle passion, ne la considérer que par l’étroite lorgnette de l’affectif vous condamne, à plus ou moins brève échéance, à l’échec. Si d’emblée, vous ne comprenez pas que derrière l’apparence de la facilité, il y a de la technique, un long apprentissage, du travail à fournir et des remises en question permanentes, vous n’irez pas bien loin. Bien sûr, tout dépend de votre but premier, cependant, l’écriture peut et doit être considérée comme un métier à part entière.

Auto-édition
Je n’entrerai pas dans un débat stérile, chacun reste libre de choisir ce qu’il pense être le meilleur moyen pour publier ses écrits. Sachez simplement que d’un côté comme de l’autre, les écueils sont nombreux et le succès n’est pas souvent au rendez-vous. Sans expérience, prendre le pari de l’auto-édition en pensant se remplir les poches n’est qu’une douce illusion qui anéantira vos rêves et laissera votre portefeuille exsangue.
Un auto-édité doit assumer toutes les phases de la création, de la vente, tout en s’installant en société pour être en règle avec les lois sociales et fiscales de notre pays. C’est-à-dire qu’il doit écrire, corriger, s’occuper des maquettes numériques comme brochées, choisir la première de couverture, trouver l’imprimeur, puis assurer la promotion, la diffusion de son titre, les démarches de placement chez les libraires, etc. sans oublier de déclarer ses bénéfices en tant que société d’édition puis ses droits d’auteur comme personne physique... Respect et chapeau bas à ces courageux de la littérature, du moins ceux qui sont en règle avec la législation.

L’édition à compte d’auteur
Je passe très vite sur le compte d’auteur et les nombreuses escroqueries qui dégoûtent bon nombre d’entre nous. Vous n’avez pas signé un contrat d’édition si l’on vous demande de payer quelque chose. Ce n’est qu’un contrat commercial destiné à enrichir un commerçant tout en vous laissant croire que vous serez « édité ». C’est sans doute la pire solution des trois possibilités qui s’offrent aux auteurs en mal de publication.

L’édition à compte d’éditeur
Considérée comme la voie royale par beaucoup, conspuée par les refoulés des comités de lecture, c’est un chemin aussi difficile que l’auto-édition, à une différence près. Si vous savez écouter les bons conseils, vous aurez une chance d’aboutir à une vraie collaboration riche d’enseignements et gage d’une certaine pérennité pour votre avenir d’auteur. Je vous le confirme, il existe des maisons d’édition sérieuses et c’est la grande majorité du marché.
Le compte d’éditeur, c’est simple. Vous écrivez, votre maison d’édition fait tout le reste... ou presque ! Elle corrige, vous conseille sur le texte, publie votre titre et ça ne vous coûte rien, financièrement parlant. Les coûts de correction, d’infographie, de diffusion, bref tous les frais demeurent à la charge de votre éditeur. Cependant, vous devrez vous investir pour la promotion de votre ouvrage, assumer les dédicaces, les rendez-vous littéraires ou média, etc. C’est clair, net, précis, régi par un contrat d’édition et si votre livre se vend,  vous toucherez vos droits d’auteur tous les ans.

Comment choisir une bonne maison d’édition ?
Pour commencer, deux règles à apprendre par cœur et à ne jamais oublier.
- Tout le monde ne peut pas être éditeur.
- Tout le monde ne peut pas être auteur.
Fort de cette base, intéressez-vous à la chaîne du livre, découvrez en quoi consiste la profession d’éditeur et surtout, apprenez votre métier d’auteur qui ne s’arrête pas à l’écriture d’un roman sur un coin de table.
Choisir sa maison d’édition relève du bon sens et de la logique. Posez-vous les bonnes questions et n’hésitez pas à interroger les auteurs déjà en place. Analysez soigneusement le catalogue, cernez la ligne éditoriale, cherchez les collections et qui les dirigent, contactez l’éditeur et questionnez-le, expliquez vos appréhensions, soyez vigilant... Avant d’expédier votre projet, un vrai travail d’enquête vous attend et prenez le temps de le faire !

Des astuces pour détecter les maisons d’édition douteuses
Lisez les livres de la maison que vous souhaitez rejoindre, cela vous en apprendra beaucoup plus que le plus long des discours ! Est-ce que la première de couverture est attrayante ? La quatrième donne-t-elle envie ? Combien de fautes, de coquilles reste-t-il ? Avez-vous trouvé des incohérences dans le récit ? La présentation permet-elle une lecture fluide ? Rien qu’en découvrant un titre publié et en l’analysant, vous aurez une très bonne approche de ce qui vous attend. Ce qui a été fait pour les auteurs qui vous ont précédé a de fortes chances d’être reproduit à votre égard.
D’autres pistes sont de bons indicateurs. Une maison sérieuse ne fait pas de recrutement d’auteurs via des publicités. De même, soyez sur vos gardes si un éditeur vous répond positivement, en encensant votre texte, une semaine ou deux après l’envoi de votre manuscrit et d’autant plus s’il s’agit de votre premier roman.
Demandez à voir un exemplaire vierge du contrat d’édition et lisez-le soigneusement. Un éditeur sérieux ne refusera pas de vous le fournir, s’il n’a rien à cacher. Si vous avez un doute, renseignez-vous et ne signez pas tout de suite pour le plaisir d’avoir conclu. Vous allez vous engager pour une très longue période, ce n’est pas à prendre à la légère.
Dernier point, si vous venez d’écrire votre premier roman, inutile de l’envoyer dans une grande maison au nom prestigieux. Vous n’aurez que bien peu de chances d’obtenir une acceptation et vous perdrez du temps à attendre une réponse hypothétique. Essayez d’adapter et ciblez votre recherche en fonction de votre niveau. Soyez objectif !



Mes éditeurs
J’ai cette chance de collaborer en toute confiance avec trois maisons. Vous avez là un large panel de possibilités en matière de lignes éditoriales et je vous les conseille, les yeux fermés. Allez faire un tour sur leurs sites et voyez ce qui vous convient le mieux. Je vous en dresse un portrait rapide ci-après.
Les Éditions du 38 - Éditeur généraliste
C’est aujourd’hui mon éditeur principal chez qui je place ma production en quasi-totalité. Dirigée par Anita Berchenko, c’est une maison de taille moyenne qui offre un travail précis, un suivi de qualité et le tout, dans une relation où l’humain a conservé toute sa place. D’un bout à l’autre de votre projet, vous serez accompagné par l’éditrice ou l’une des directrices de collection, avec beaucoup de sérieux.
Les Éditions Élixyria - Éditeur généraliste
Nouvellement arrivée sur le marché, c’est un petit éditeur qui ira loin, je peux vous le certifier. Dirigée par Laetitia et Didier, cette maison a une ligne éditoriale étendue et fournit un travail de qualité qui pourrait servir de modèle à tant d’autres, ayant un catalogue plus fourni. Corrections, infographie, conseils, rien n’est laissé au hasard et vous ne serez pas déçu.
Les Éditions Harlequin - Groupe HarperCollins - Éditeur spécialisé romance
J’ai collaboré pendant quelques années avec cette grande maison et j’y ai tout appris. Certes, aujourd’hui je ne leur propose plus de nouveautés pour des raisons de ligne éditoriale, mais c’est un éditeur que je vous conseille sur bien des plans. Ne soyez pas effrayé par la taille et je vous souhaite d’y entrer. Croyez-moi, ce sera une riche expérience qui vous servira pour toute votre carrière à venir. Si vous écrivez des romances, allez jeter un coup d’œil par ici :

Mon expérience du secteur éditorial
En tant que directeur littéraire de la Collection 38 rue du Polar, j’aimerais partager avec vous ma modeste expérience sur le sujet, vu de l’autre côté de la barrière. J’assume ces fonctions depuis quelque temps déjà et à ce jour, je dois avouer que bien peu de projets m’ont conquis. Les manuscrits nous parviennent incomplets et ne respectent pas les impératifs de soumission. Je ne vous parle pas des textes farcis de fautes, de doublons et d’incohérences. Alors que dire ? Si vous cherchez à vous faire publier, renseignez-vous, essayez de comprendre ce que l’on attend de vous, respectez les directives de présentation du projet et par-dessus tout, soyez professionnel !
Je vois souvent, ici et là, des auteurs se plaindre d’attendre en vain qu’un éditeur leur réponde. Ne soyez pas étonné de leur silence si, à la base, vous n’avez pas fait le nécessaire pour présenter votre projet en conformité avec leurs prérogatives et/ou leur ligne éditoriale. Pour séduire, il faut être séduisant et cessez de croire que le monde littéraire n’attendait que vous. Nous sommes des centaines de milliers à écrire en France, ne l’oubliez pas, alors faites la différence et ce n’est vraiment pas compliqué.

En conclusion
Pour revenir à cette discussion que j’évoquais en préambule, non, je n’ai aucune intention de sombrer dans les affres illusoires de l’auto-édition et je ne cherche pas d’autres éditeurs pour le moment. Après six ans d’écriture à titre professionnel, je pense avoir acquis l’expérience suffisante pour ne plus prendre des vessies pour des lanternes, le recul nécessaire et une certaine légitimité pour parler du secteur éditorial, en toute connaissance de cause. Je ne prétends pas détenir toutes les vérités, mais j’en connais au moins une : je ne signe pas n’importe quoi, chez n’importe qui. J’espère que le message est passé.
À bon entendeur, salut !

Excellente journée !
Amitiés littéraires.

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