dimanche 25 octobre 2015

Que s'est-il passé dans la nuit du 24 au 25 octobre ?



Hé, hé ! Je devine déjà des regards concupiscents, j’entends les commentaires croustillants murmurés tout bas et j’imagine les pensées affriolantes de certains d’entre vous. Que peut bien faire un auteur au cours d’une nuit, au beau milieu de son week-end ? Non, vous n’y êtes pas du tout ! Si je vous parle des Avocats du Diable, cela vous évoque quelque chose ? Si je vous dis... Concours... Écriture... Nouvelle... Érotisme... Toujours pas ? Alors, suivez-moi, je vous raconte tout.


Prix de la nouvelle érotique
Il y a quelques semaines, l’une de mes Directrice éditoriale me glisse dans un mail qu’une association littéraire, Les Avocats du Diable, lance le prix de la nouvelle érotique. Étant en ce moment plongé jusqu’au cou dans des problèmes insolubles, je me dis, pourquoi pas ? Au moins, ça me lavera le cerveau de mes idées noires (que je transformerai un jour en polar bien noir, rassurez-vous !).
Je vais jeter un coup d’œil sur le règlement et, emballé, je me lance. Comme demandé, j’envoie mes bio, biblio, photo de ma tête et mes coordonnées. Je reçois en retour un mail fort sympathique de la part du Président de l’association, Monsieur Jacques-Olivier LIBY. C’est à ce moment que j’ai fait la grimace quand j’ai vraiment réalisé en quoi consistait ce prix et surtout, comment allait se dérouler l’épreuve.

Qu’est-ce qui était prévu ?
Il fallait écrire une nouvelle érotique de moins de 20.000 caractères, espaces comprises, sur le thème de l’érotisme, soit environ 6 à 7 pages Word, si ce genre de limite ne vous parle pas. Facile, me direz-vous ? Que nenni, mon bon Sire ! Derrière la façade, une avalanche de couacs bien tarabiscotés nous attendaient.
Les organisateurs imposaient une écriture nocturne, lors du passage à l’heure d’hiver. Bien, les couche-tôt allaient coincer et franchement, je ne me sentais pas concerné. Je collectionne les nuits blanches en ce moment, ceci expliquant cela.
Ensuite, ça se compliquait vraiment. Déjà, le mail qui ouvrirait les hostilités nous parviendrait à minuit et il y avait une limite de temps. Trop drôle, hein ? Enfin, pour que la nouvelle soit acceptée, il était annoncé deux contraintes. La première était le thème général, la seconde, l’adjonction d’un mot final obligatoire. Bon, ça faisait sérieux, pas trop compliqué a priori, et je suis passé à autre chose, sans trop m’inquiéter. Ouais... Ben, j’aurais dû !

Alors ?! Que s’est-il passé la nuit du 24 au 25 octobre ?
Eh bien, à minuit, j’étais devant mon écran, sirotant mon 92e café de la journée, fumant tranquillement une cigarette, dans l’attente du mail qui allait lancer le prix. Serein, j’étais, serein, je ne le suis pas resté très longtemps !
Le message s’est affiché à l’heure dite et je l’ai parcouru en diagonale. Croyant avoir mal lu, je l’ai imprimé vite fait, bien fait, et j’ai été m’asseoir sur la canapé du salon pour le relire plus soigneusement.
La contrainte de situation était celle-ci :

JAMAIS SANS TOI, PEUT-ÊTRE AVEC UN AUTRE...

Et là, je me suis étouffé avec mon reste de café. Bon sang ! Ça commençait bien... Mon regard a glissé plus bas sur la feuille et s’est figé sur la deuxième contrainte, ce fichu mot qui devait conclure la nouvelle et qui était :

ANCRE

À cet instant, j’ai dû ressembler de très près au loup de Tex Avery ! Bouche ouverte, les yeux jaillissant des orbites et une langue de six mètres de long. J’ai refait couler un café, allumé trois ou quatre cigarettes en même temps et je me suis posé. J’avoue être resté très longtemps devant ce mail imprimé, abasourdi et dubitatif.
Bon sang ! Essayez de rédiger un texte érotique avec de telles contraintes, sachant en plus que vous allez écrire toute la nuit ou presque, tout en respectant une heure limite de retour, soit 7 heures du mat’ ! compte tenu du décalage horaire hivernal, de l’âge du capitaine et de... Bref, huit heures pour rédiger quelque chose de cohérent, qui colle à tout, dans les limites de signes et de temps. Fastoche, hein ? Là, on ne rigole plus, mes gaillards !
J’ai jeté un coup d’œil sur la pendule, il était déjà minuit et demi quand je me suis levé pour aller me coucher. Au dernier moment, j’ai fait un virage vers le bureau et je me suis mis au travail. Une fois inscrit, c’était stupide de ne pas essayer. Alors, je précise avant toute chose, que j’ai une chance du Diable - et sans avocats, hein ? - je tape très vite sur un clavier.
J’ai donc commencé à écrire et j’ai oublié le reste. De temps en temps, je jetais un coup d’œil en bas, à droite de mon écran et je voyais ce maudit temps qui galopait plus vite que mes doigts sur les touches. Vers 3h45 du mat’, je mettais un point final à la première mouture et là, Ô Sainte Horreur ! Je réalisais que j’avais dix mille signes de trop et que j’avais fait l’impasse sur ce mot du Diable - et toc ! - l’ancre !
Donc, café, paquet de clopes, pause et j’attaque la réécriture, effaçant, ajoutant, reprenant, etc. Bref, si vous écrivez, vous savez ce que cela signifie. Mais ce mot final m’a posé un sérieux problème. J’adore infliger une gifle à mon lecteur en fin de récit et là, je séchais complètement. Donc, deux tubes d’aspirine plus tard, je trouvais enfin une solution intermédiaire qui ne m’a plu qu’à moitié. Et je n’en dirai pas plus pour respecter l’anonymat et la confidentialité de ce concours.
Il était 4h32, heure du mail faisant foi, quand j’ai envoyé ma participation. Là, j’avais des doutes et malgré mes relectures, je savais pertinemment que ce texte n’était pas le meilleur que j’avais pu écrire en érotisme. Quant à la fin, heu... Elle réveille mon ulcère à l’estomac et me fait grincer des dents. Tant pis, j’étais dans les temps, j’avais respecté le règlement et maintenant, vogue la galère, si j’ose dire !
Ce matin, en me levant, j’ai trouvé un mail de l’organisation accusant réception de mon texte. J’ai poussé un gros soupir de soulagement et il ne reste plus qu’à attendre les résultats qui n’arriveront qu’au printemps prochain.

Voilà comment s’amuse un auteur et avec quoi il occupe ses nuits de changement d’heure. Ne riez pas ! Nous étions 335 à y participer... 335 cinglés à répondre à ces diables d’avocats ! Heu non.. aux Avocats du Diable !

Conclusion
Soyez toujours méfiant quand vous recevez des mails perso de vos éditeurs ! Vous ne savez jamais dans quoi vous vous engagez... (rires)
Allez, trêve de plaisanterie ! Je ne peux que remercier ma Directrice éditoriale pour cette info et surtout, remercier les Avocats du Diable ainsi que leur Président pour ce prix très bien organisé et surtout, très original. J’espère ne pas avoir démérité et fait ce qu’il fallait. Je croise les doigts ! Et puis, l’important est de participer, n’est-ce pas ?!

Association littéraire Les Avocats du Diable

Bon dimanche !
Amitiés littéraires.

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