lundi 3 novembre 2014

Thomas Galley et La Bauge Littéraire !



Comme je viens de l’annoncer, voici la première interview d’un blog littéraire. Thomas Galley est donc l’administrateur de La Bauge Littéraire et je vous invite à le découvrir. Histoire d’enfoncer le clou, je vous précise simplement que le français n’est pas la langue natale de Thomas et cela en laissera plus d’un songeur.



INTERVIEW THOMAS GALLEY

LA BAUGE LITTÉRAIRE

■■■

I - VOUS



1/ Parlez-nous de vous. Quel est votre premier métier, votre parcours, etc.
Oulala, ça remonte loin, hein ?! Bon, j'ai tout d'abord fait des études de philologie française, des études donc qui m'ont permis de plonger la tête la première dans un univers qui m'a toujours paru plus vivant que la soi-disant réalité tout autour de moi, celui des mondes imaginés. Ensuite, j'ai eu la chance de terminer mes études au moment de l'éveil de l'informatique réseautée. C'est ainsi que je me suis retrouvé embauché par un des premiers fournisseurs d'accès de la région de Cologne, et que j'ai pu collaborer à l'extraordinaire aventure d'internet, de la mise en communication du monde entier. J'étais donc bien placé pour établir un trait d'union entre ces deux domaines et de me servir du réseau mondial pour parler de littérature, un premier amour auquel je suis toujours resté fidèle.

2/ Quelles sont vos passions en dehors de la lecture ?
L'Art, sans hésiter ! Et dire que je suis passé longtemps à côté de ça… Je dois la découverte de cet univers-là à ma femme qui m'a traîné dans le musée des beaux-arts de Cologne, sous prétexte qu'il fallait éduquer les enfants, et bien, celui qu'elle a fini par éduquer, c'était son mari. Encore que j'espère que les filles ont, elles aussi, profité de ces séjours parfois assez prolongés. Depuis, je ne rate aucune exposition, je choisis les villes que je visite en fonction de leur paysage muséal et je préfère passer mes journées entouré de tableaux plutôt que sur les terrasses. Il n'y a qu'à lire certain chapitre des Aventures intimes de Nathalie pour se rendre compte de l'importance de l'Art dans mon parcours d'auteur.
Avant de passer à la prochaine question, il faut ménager un peu de place à la musique, une autre de mes passions. Imaginer un monde sans musique, impossible ! C'est d'ailleurs en écoutant un enregistrement de DorotheeOberlinger, une flûtiste allemande, que je rédige ces réponses ;-)

3/ Pourquoi et comment êtes-vous devenu(e) blogueur (blogueuse) littéraire ?
C'est ce que j'ai essayé d'expliquer plus haut. C'était un peu le cheminement logique de celui qui, fervent amateur de littérature, s'est retrouvé dans une boîte dont la vocation a été de faciliter la communication et de permettre à tout le monde d'accéder au réseau universel. Et pourtant, quand j'ai ouvert mon premier blog, c'était plutôt une sorte de journal où je racontais mes journées, mes rencontres, mes voyages. Mais une fois la structure établie, la littérature s'est vite imposée comme une évidence.


II - VOTRE BLOG ET VOUS


4/ Parlez-nous de votre blog et son architecture (hors technique). Votre blog est-il spécialisé dans certains domaines littéraires ? Sa date de création ? Quelques statistiques de fréquentation ?
Comme je l'ai déjà dit, j'ai commencé mon blog (qui a plusieurs fois changé de plate-forme avant de trouver sa configuration actuelle) comme une sorte de journal. Je me suis réorienté vers la littérature il y a à peu près quatre ans, peu après avoir commencé la rédaction de mon premier roman, L'aventure de Nathalie. Ce roman, que je ne qualifierais pas vraiment d'érotique malgré la présence d'une très forte dose de sexe, a d'une certaine façon orienté mon regard vers  l'érotisme littéraire. Et figure-toi que les premiers textes sur lesquels je suis tombé, plus ou moins par hasard, au gré de mes randonnées sur Google, se sont révélés de véritables chefs d’œuvre, LeManoir d'Emma Cavalier et Perle d'Anne Bert. Une fois entré dans cette voie, il est difficile d'en sortir, et la littérature érotique est sans aucun doute le point fort de la Bauge littéraire. Ce qui ne veux pas dire que je me laisse imposer des œillères ! Loin de là, je regarde dans toutes les directions, et j'ai eu l'occasion de parler de textes excellents comme le grand roman d'Hervé Fuchs, LesFolles de la Nationale 4, Atlantido du Comte Kerkadek, un périple picaresque et littéraire, ou encore Lapile de Pont d'Audrey Betsch, un roman comme un coup de poing en pleine gueule, ma première lecture d'ailleurs de chez Numériklivres, un éditeur dont je suis de très près l'évolution, indépendamment du fait que mes propres textes sont publiés chez eux.

5/ Comment choisissez-vous les livres que vous lisez ?
La plupart du temps, c'est en furetant sur la toile, le plus souvent d'ailleurs à travers Facebook. C'est là que j'ai découvert, à travers leur page, La Bagatelle, minuscule maison numérique de Nicolas Cartelet qui a publié, entre autres, un excellent texte d'Éric Mouzat, Petites confidences estudiantines. Ensuite, il y a certains éditeurs dont la qualité n'est plus à démontrer, comme – évidemment – Numériklivres, Les Éditions de Londres, Publie.net, Walrus Books, Dominique Leroy et tant d'autres, dont je consulte très régulièrement les catalogues. Parfois il y a aussi des auteurs qui me contactent pour me proposer leurs textes, et certains éditeurs m'envoient leurs titres  sans que j'aie besoin de me manifester.

6/ Quelle est votre position à l’égard des SP (Service Presse) et comment les traitez-vous si toutefois vous avez des partenariats avec des maisons d’édition ?
Il y a des éditeurs qui m'envoient leurs textes de façon plus ou moins régulière, des maisons jouissant d'une certaine renommée dans le domaine érotique. Mais ce n'est pas pour cela que je suis plus gentil envers leurs auteurs. Je pense que certains ont même gardé un souvenir plutôt mauvais de leur passage dans la Bauge. Mais j'essaie quand même de rester sympa à l'égard des auteurs. Tout d'abord, mon avis n'est justement que ça, un avis parmi tant d'autres, et d'autres lecteurs peuvent avoir des idées diamétralement opposées aux miennes. Ensuite, je sais à quel point l'écriture peut être épuisante, et ce n'est pas moi qui voudrais dégoûter qui que ce soit de cette activité-la ! Il m'est quand même déjà arrivé de sortir de ma réserve, et certains ont pu me reprocher un ton assez « rugueux ». Il n'est pas facile de me mettre en colère, mais il y un moyen sûr pour y arriver, c'est quand je flaire de la suffisance. Cela m'insupporte, et je ne peux m'empêcher de réagir, voilà.

7/ Quelle est votre fréquence de lecture et en moyenne, combien de chroniques rédigez-vous par mois ?
J'essaie de publier au moins un article par semaine, et je pense que c'est un pari plus ou moins tenu. Il me faut un certain temps de réflexion avant de pouvoir parler d'un texte. Très souvent, je rumine des idées pendant plusieurs semaines, et puis il y a comme un déclic, je sais que cette fois, c'est la bonne, et je me mets à écrire. C'est pour cela que ce n'est pas rare de voir passer un mois voire plus entre la fin de la lecture et la parution de l'article. Malheureusement, je n'arrive pas à rendre compte de toutes mes lectures non plus, mais cela me demanderait un temps dont je ne dispose tout simplement pas.

8/ Quelle est votre position à l’égard des supports ? Lisez-vous uniquement en numérique, sur papier ou les deux ? Expliquez vos préférences.
Je n'ai pas vraiment de préférence, je sens seulement que, depuis trois ou quatre ans, c'est dans le numérique qu'il y a les textes les plus intéressants. C'est là qu'on trouve des auteurs dont certains ont galéré pendant des années pour se faire publier par les éditeurs traditionnels, des auteurs qui n'ont pourtant rien à envier à ceux dont on nous remâche les noms à l'occasion des rentrées et des prix littéraires. Je ne voudrais pas bêtement répéter toutes les histoires mille fois entendues de copinage littéraire et de la grande conspiration germanopratine pour expliquer la fortune des uns et l'oubli des autres, je suis beaucoup trop loin des milieux littéraires parisiens pour me permettre un quelconque jugement, je me borne à constater que l'édition numérique a été, pour certains, l'occasion de se faire enfin publier. Et je suis bien placé pour pouvoir affirmer que cela a valu le coup et qu'il y a bien des découvertes à faire en faisant confiance aux petites maisons pure player. Ceci étant dit, je ne vois pas le numérique comme le grand prédateur qui fera disparaître le papier. C'est sans doute l'attitude très pragmatique de Jean-François Gayrard, le patron de Numériklivres, qui est la bonne : l'édition numérique est complémentaire au papier, la littérature existe indépendamment du support, et un éditeur est tout d'abord un éditeur quel que soit le support choisi. Avant de passer à la question suivante, il faut aussi parler des auteurs auto-édités dont la plupart ont fait le passage vers le numérique en choisissant la plate-forme d'Amazon. Là, ça ressemble à une jungle, mais cela vaut la peine de se laisser tenter par cette aventure. Cela n'arrive pas tous les jours, mais on y trouve des perles, même si la tâche peut être pénible et demande un certain effort.

9/ Pourriez-vous expliquer votre système de notation ou votre barème et nous expliquer par quel moyen vous mettez en adéquation votre ressenti de lecture et vos notes ?
Je ne donne pas de notes. Ce n'est pas pour avoir renoncé à devenir prof que je vais m'acharner sur de pauvres auteurs maintenant. Je pense que mes lecteurs sont assez intelligents pour comprendre que je leur donne un avis. Un avis qui, il est vrai, peut parfois être très enthousiaste, mais qui restera toujours très personnel. La littérature, cela existe aussi et surtout dans la tête des lecteurs, et c'est là que le texte, lâché dans le monde par son auteur, prend tout son sens, et trouve parfois une interprétation au moins aussi originale que le texte lui-même.

10/ Quels conseils donneriez-vous à quelqu’un qui souhaiterait se lancer dans l’administration d’un blog littéraire ? Les pièges à éviter ? Les meilleures plates-formes ? La gestion des relations éditeurs, auteurs, autres blogs ?
Pour moi, la Bauge est avant tout une passion, un lieu où je peux m'exprimer, partager mes découvertes, nouer des contacts aussi, discuter parfois, une passion qui a déjà fait naître des amitiés. Une passion en dehors des contraintes économiques, un espace de liberté. C'est dans cet esprit-là que j'ai opté pour une installation Wordpress hébergée chez un fournisseur choisi en fonction de sa réputation et de sa fiabilité. Cela me permet de garder un contrôle presque entier sur l'environnement dans lequel je travaille et d'éviter à mes lecteurs d'être inondés par de la publicité. Et celle-ci peut être un vrai fléau chez certains hébergeurs ou plate-formes soi-disant gratuits. Cela me coûte donc de l'argent au lieu de m'en rapporter, mais si c'est le prix de la liberté, je n'y vois aucun inconvénient. Ceci étant dit, je peux tout à fait comprendre que d'autres n'ont pas envie de payer pour leur hébergement, et je conseillerais a ceux-ci de se lancer avec wordpress.com, un hébergeur très renommé et assez facile à administrer.
Quant aux éditeurs, il ne faut pas avoir peur de les contacter et de leur demander des SP. Il va de soi qu'une telle demande passera mieux s'ils peuvent se faire une idée de votre écriture en consultant vos articles, si vous ne les renvoyez donc pas à un blog vide, mais comme tout blogueur littéraire est aussi un grand lecteur, cet obstacle-ci ne me semble pas insurmontable. Ensuite, et je ne saurais assez souligner cela, si vous recevez un SP numérique, que ce soit de la part d'un éditeur traditionnel ou d'un pure player, ne le partagez avec qui que ce soit, sous aucun prétexte ! Ce serait faciliter le piratage et priver les auteurs de leurs droits. Et cela inciterait sans doute les éditeurs à établir une politique plus restrictive à l'égard des blogueurs.
Pour ce qui est des auteurs, je vous conseille de la sincérité. Si vous pensez qu'un texte est raté, dites-le en argumentant, mais ne soyez pas désobligeant. Certains aiment piétiner un auteur qui a eu le malheur de leur déplaire, quant à moi, je n'ai jamais compris l'intérêt d'une telle démarche.

III - LES LIVRES ET VOUS


11/ Quel est votre auteur étranger préféré ?
Étant donné que je suis Allemand, est-ce que je peux choisir un auteur francophone ? Dans ce cas-ci, je citerais Stendhal dont Le rouge et le noir m'a ouvert le monde de la littérature dès l'âge de 15 ans. Si je dois citer un non-francophone, il y a deux noms qui s'imposent, Schiller, le Shakespeare allemand, et Tolstoï qui a poussé plus loin que quiconque l'exploration de l'âme.

12/ Quel est votre auteur français préféré ?
Si on part du nombre de titres dans les rayons de ma bibliothèque, j'hésite entre Dumas et Balzac. Mais je donnerais la préférence à Barbey d'Aurevilly, le romancier auquel j'ai consacré mon mémoire de maîtrise.

13/ Quel est le livre qui vous a le plus bouleversé ?
Dan Simmons, Les Cantos d'Hypérion, le seul roman qui m'ait fait pleurer.

14/ Quel est le livre qui vous le plus fait rire ?
Les comédies de Molière.

15/ Quel livre n’avez-vous pas lu jusqu’au bout ? Pourquoi ?
Il y en a eu, mais, franchement, je ne saurais plus te citer ne fût-ce qu'un seul nom. C'est sans doute qu'ils ont été aussi barbants que j'ai préféré les oublier.

16/ Quel est votre livre préféré ? Pourquoi ?
Tolkien, Le Seigneur des Anneaux. J'ai lu ce texte au moins cinq fois, et j'ai toujours l'impression de pénétrer dans un terrain vierge, un terrain qui finit à chaque fois par m'absorber, et c'est là sans doute son secret, ce mélange entre connaissance intime et surprises éternellement renouvelées.

17/ Depuis que vous lisez, combien pensez-vous avoir lu de livres ?
Des milliers, je ne suis pas capable de te donner un chiffre plus exact, désolé.

18/ Quel est le livre le plus ancien de votre bibliothèque, numérique ou papier ?
Stendhal, Le rouge et le noir, dans la traduction allemande, Rot und Schwarz.

19/ Quel est le dernier livre que vous avez acheté avant de répondre à cette interview ?
Christophe Semont, LaNiña Blanca.


IV - VOTRE TRIBUNE D’EXPRESSION LIBRE

20/ Vous avez la parole !
Ben, je te remercie de m'avoir donné cette occasion de me présenter, moi et mon petit bout de travail littéraire. Cela fait un certain temps que je fréquente les blogs littéraires, et je constate que cet univers-là est en train de prendre de plus en plus d'ampleur et de devenir une étape incontournable pour les éditeurs et les auteurs. Je suis très heureux d'être un témoin et surtout un acteur de cet instant privilégié qui voit l'émergence de nouvelles infrastructures qui finiront, j'en suis convaincu, par modifier les engrenages de la machine éditoriale et les relations entre les différents acteurs. La blogosphère est un univers en ébullition et personne ne saurait dire avec un semblant de sérieux à quoi elle ressemblera d'ici cinq ans, mais je suis convaincu qu'elle sera toujours bien présente, parce qu'elle répond à un besoin de celles et de ceux qui aiment la littérature – celui de s'exprimer.


V - LES MOYENS DE VOUS CONTACTER


Adresse de votre blog : http://postlucemtenebrae.eu/
Votre page de présentation : http://about.me/thomas_galley
Votre page de chroniques : http://postlucemtenebrae.eu/
Pour vous suivre sur Facebook : https://www.facebook.com/thomas.galley
Pour vous suivre sur Twitter : https://twitter.com/tomppa_28
Pour vous suivre sur Google Plus : https://plus.google.com/u/0/+ThomasGalley/about

Votre adresse email : thomas.galley@gmx.de


Bonne journée,
Amitiés littéraires,

Aucun commentaire:

Publier un commentaire

Exprimez-vous ! Merci d'avance.